Je me suis allongée dans l'herbe. Les yeux clos, la tête lourde. Je me suis écrasée contre la terre, je l'ai étreinte de mon corps, j'ai pressé mon visage contre elle, elle qui séchera mes larmes, elle qui m'empêchera de ternir mon Orgueil devant toi. Je me suis allumée une clope, je l'ai fumé toute entière. La fumée qui sortait de ma bouche amère reflétait ton visage, ton regard agaçant, tellement doux. Tellement bon. Tueur. Je me suis jetée contre la terre, j'y ai déposé mes larmes, j'y ai étouffé mes sursauts, mes gémissements. Oh, le saurais-tu, que je me meurs. Oui, mais non, ce n'est pas de ta faute. Je pourrais me tuer moi-même, je pourrais m'autodétruire. La veille, j'avais bu, j'aurais pu me jeter dans tes bras, te cracher au visage ou me mettre à genoux. Et je bénis ton absence à ce moment là, absence qui t'as permit de ne pas assister à mon déclin. Vois-tu, je m'emporte trop vite dans mes excès, dans mes fantasmes. Je rêve trop, je fume beaucoup, je bois beaucoup trop. Je te déteste, je te hais. Et je t'aime trop. Un milliard de fois trop. Et mon Dieu, c'est écrasant, tu ne peux pas savoir à quel point c'est écrasant. Mon assassin inconscient, mon amour, mon voleur de vie. Et toi tu cours, tu cours, je fuis, tu me rattrapes. Avec une facilité déconcertante, je dois l'avouer. Qui nous perdra un jour ou l'autre. A force de se prendre pour Bonnie & Clyde, on finira par subir le même sort.